

Projet de mur peint, 399 rue de Vaugirard, Paris 15e
Suite à l’appel d’offre de Monsieur Gérard Gayet, adjoint au maire du 15e, transmis par Madame Fonlladosa, j’ai présenté un premier projet de mur peint pour le quartier « Vaugirard /parc des expositions ».
Après plusieurs examens, dont un en présence du conseil de quartier public, puis d’un Jury de personnalités du monde de l’art et de la vie publique, mon projet à été retenu, fin 2007.
Le mur choisit par Monsieur Gayet a été un mur de soutènement de la petite ceinture, au 399 rue de Vaugirard, entre la rue Firmin-Gillot et la rue Lacretelle.
L’autorisation des réseaux ferrés de France a été obtenue courant septembre 2008.
Description.
L’objet de ma fresque est de représenter un échantillon des habitants du quartier d’une façon monumentale ; leurs situations en hauteur évoquent des sentinelles gardant un œil attentif à l’activité de l’endroit où ils se situent : la rue de Vaugirard.
Au fur et à mesure de ma réflexion, le projet s’est étoffé.
Je propose au passant un véritable polyptique comprenant quatre parties, clin d’œil à la peinture ancienne. Cette disposition (voir maquette) permet de laisser apparaître quelques belles pierres, et donne ainsi une respiration entre l’œuvre et le mur.
-La partie centrale est une composition présentant une scène très actuelle : quatre passants s’apprêtant à traverser la rue, de dos (à l’origine rue de la convention). Ils dégagent un sentiment de familiarité par leurs silhouettes peu prétentieuses, leurs vêtements s (le facteur) ou leurs accessoires (la poussette) et représentent toutes les tranches d’ages de l’arrondissement ; du bébé que l’on devine à la personne âgée, à droite.
Il s’agit de personnes avec qui il est aisé de s’identifier, d’autant mieux qu’ils seront peints d’un geste assez vif, et qu’ils sont de dos ou trois quarts dos. Pourtant l’ensemble dégage aussi une sensation de mystère. L’attente pour traverser la rue, sur un fond bleu profond, devient presque un moment méditatif, de retour sur soi, avant le passage à l’action.
Au fond de l’espace représenté on voit des panneaux de fléchages contemporains confirmant le lieu de l’action avec les indications : « Vaugirard » « Parc des Expositions ».
-À la gauche de cette partie centrale, se trouve la base d’un lampadaire typiquement parisien, ouvragé comme une sculpture ou un bas-relief. Ce lampadaire devient le symbole monumental également, du quotidien à Paris. Un quotidien ou le moindre élément du mobilier urbain est élevé au rang d’œuvre.
-À droite, un portrait en pied d’une enfant avec un chien, clin d’œil à la jeunesse, qui, cette fois nous regarde gaiement, faisant un pendant plus vif et joyeux au groupe du milieu. Clin d’œil également à une population du quinzième bien présente ; celle des chiens ! La composition de cette partie est proche de celle des portraits classiques, transposée de nos jours. Faisant ainsi écho au passé tout en montrant un enfant résolument tourné vers l’avenir, bien qu’ancré dans le présent.
Enfin en bas, sous la partie centrale voici une dernière image, plus petite, collée sur la porte comme dans une niche ; un autre chien. C’est un trait d’humour, que de représenter un animal sympathique, à l’abri sous la porte, regardant les passants à hauteur d’hommes.
C’est un peu le peintre qui a voulu signer en bas d’une façon originale, comme un trait d’union entre la fresque et la rue. Se sentant lui même partie intégrante de la rue, de la ville, comme cet animal à quatre pattes qui l’arpente familièrement.
Ce projet se veut donc à la fois un témoignage du présent de notre quartier de Paris, et d’une réalité ouverte vers l’imaginaire. Et finalement il a l’ambition d’offrir une présence chaleureuse, peinte de façon précise mais vivante et expressive aux passants et habitants de la rue de Vaugirard.